Fer plastique Duplo Spécial Fourbure

Auteur : Wolfgang Busch

Système fondamental de traitement et de ferrure pour les sabots de fourbure
Éléments anatomiques et physiques : Le poids du corps du cheval est transmis au sol par la colonne osseuse des membres et la boîte cornée du sabot. Le dernier os de cette colonne, la 3ème phalange, est suspendu dans cette boîte par une couche forte de connexion : la structure lamellaire. La charge de compression du corps y est d'abord convertie en charge de traction avant que la boîte cornée transmet la charge au sol comme charge de compression.

Suite à une affection de fourbure dans le sabot du cheval, la 3ème phalange se délie de sa connexion ferme et intime à la boîte cornée. Au gré de la gravité de la maladie, la charge ne peut être détournée dans la façon décrite que partiellement. En même temps, la 3ème phalange change sa position dans la boîte cornée dans beaucoup de cas. Le résultat, c'est la transmission immédiate du poids de la 3ème phalange par le chorion de la sole et la sole cornée au sol comme charge de compression sans le « détour » par la suspension élastique dans la boîte cornée.

Au cas d'une fourbure moins grave, seulement la pince et les mamelles du sabot sont concernées. La 3ème phalange tourne vers le bas et l'arrière et surtout le bord antérieur vif de la phalange est pressurisé. Aux cas plus graves de fourbure, la 3ème phalange se délie plus ou moins complètement de la boîte cornée entourée et se baisse ; tout le bord inférieur de l'os repose sur le chorion de la sole. La conséquence, c'est une hausse de pression sur le chorion de la sole qui n'est pas prévu pour une telle fonction parce qu'il est fortement innervé. Il réagit alors très sensiblement et est endolori dans les parties concernées.

De ces faits résultent quelques aspects qui doivent être respectés lors d'un traitement orthopédique raisonnable ou d'une ferrure orthopédique effective.

1. La boîte cornée qui est lésée par la séparation de la connexion n'est plus capable de transmettre le poids du corps dans le sol. Pour cette raison, il est nécessaire de soulager les parties endommagées autant que possible jusqu'à ce qu'elles soient aptes à porter ce poids de nouveau, c'est-à-dire que la corne soit renouvelée en connexion intime avec le chorion laminaire. Cependant, les parties qui pourraient toujours être porteurs (au cas d'une rotation, ce sont surtout les talons) ne doivent pas être chargées avec tout le poids du corps ; autrement, la connexion entre la corne et la 3ème phalange peut se déchirer mécaniquement.

2. La partie douloureuse de la sole doit être soulagée, le bord vif de la 3ème phalange ne doit pas transmettre aucun poids.

Chaque ferrure auxiliaire doit alors supporter la 3ème phalange sans toucher son bord vif, protéger contre des pressions exercées par le sol et soulager la paroi autant que possible.

Description de la ferrure de fourbure Duplo
Pour rendre ces objectifs possible, la ferrure de fourbure Duplo a été conçue d'une telle manière qu'elle peut induire les forces présentes dans la sole et la partie inférieure de la 3ème phalange d'une façon très plane et définie par un noyau métallique dur qui est modelé conformément à la partie inférieure de la 3ème phalange et chemisé en plastique et qui est combiné avec un matériau amortisseur élastique permanent. La planche intégrée sous la 3ème phalange est aussi voûtée à trois dimensions conformément à la partie inférieure de la 3ème phalange.
La pince ouverte de la ferrure permet non seulement de fortement raccourcir la pince du sabot pour restituer l'équidistance de la 3ème phalange et la paroi mais encore un départ tôt et facile du sabot qui réduit les forces de levée dans la partie antérieure du sabot.
Les chocs durs lors de la phase d'appui de la membre sont additionnellement amortis par la couche plastique de la ferrure. La planche elle-même est exclusivement fabriquée en plastique élastique au côté de la sole.
La forme totale de la ferrure a été déterminée d'un tas de formes de sabot possibles pour couvrir une grande gamme d'applications. Il est possible d'ajuster la ferrure exactement à la forme nécessaire tout simplement en l'abrasant.
Le poids de la ferrure est inférieur à celui d'une ferrure normale inversée sans planche et avec une semelle intérieure légère en plastique.



La préparation du sabot
Chaque parage et chaque ferrage d'un sabot fourbu doit absolument être précédé par des radiographies récentes !
Pour pouvoir aider le sabot fourbu le plus effectivement, il est recommandable de s'orienter à des radiographies récentes pendant le travail pour éviter chaque pression contre le bord de la 3ème phalange et pour éliminer autant que possible les bras de levier qui proviennent d'une clavette lamellaire éventuelle. De plus, la radiographie démontre l'épaisseur restante de la sole qui est la limite pour la correction du sabot en le parant à la surface plantaire.
Pour pouvoir correctement positionner la planche de la ferrure relatif à la 3ème phalange, il est important de marquer la position du bord antérieur de la 3ème phalange dans la sole d'une manière que le marquage ne peut pas être accidentellement enlevé pendant le parage. Il est possible d'appliquer une rigole plate dans la sole avec la renette ou de placer une punaise coupée à l'apex de la fourchette qui a été correctement paré avant la radiographie.

On ne doit pas travailler ou parer la sole ; seulement la corne friable et défaite est prudemment enlevée pour éviter la pourriture du sabot ferré. Exception : si la radiographie montre une double sole, on peut soigneusement essayer de l'enlever pour pouvoir raccourcir le sabot jusqu'à sa longueur normale.

La fourchette doit rester grande et en état de supporter la pression. Il faut cependant prévenir la pourriture sous la corne défaite ou dans des sillons profonds ; les parties déjà putréfiées doivent être enlevées.

Pendant le parage du sabot à la surface plantaire, on essaye de restituer l'axe droite des phalanges dans la mesure de l'épaisseur de la sole et du tendon du fléchisseur profond qui peut être raccourci au cas d'une fourbure chronique.

Après la correction de cet angle, les parties de la paroi qui ne sont pas parallèles à la 3ème phalange sont râpées pour restituer l'équidistance. Attention : il faut qu'il reste assez de corne dans la paroi pour pouvoir planter les clous et assurer un rivetage solide ! La ferrure Duplo étant assez légère, des clous du type E-Slim suffisent en règle générale ; ils permettent un parage profond des mamelles et des quartiers.

Par le parage de la paroi, le sabot obtient sa forme naturelle et « saine ». Chaque modification abrupte du radius de la boîte cornée (p.ex. en râpant la pince à la verticale) mène à une modification aussi abrupte de la transmission des forces, ce qui peut surcharger des parties de la boîte cornée et déplacer des parties complètes de la corne et du bourrelet correspondant.

Similaire à chaque ferrure en matière plastique ou combinée, on applique un biseau relativement fort (2-3mm au minimum) autour de toute la paroi. La pince est arrondie un peu.

La détermination de la bonne taille et l'ajustage de la ferrure
La taille de la ferrure est fixée par la position de la planche et de l'étampure. La rive antérieure du noyau métallique de la planche doit être placée 10 à 15mm au minimum derrière le bord antérieur de la 3ème phalange. L'étampure doit, en même temps, être positionnée sur la ligne blanche. Au cas d'une sole très plate ou d'un pied complètement rempli avec une sole très sensible et fine, il peut être nécessaire de placer la planche encore plus vers l'arrière pour éviter une pression forte dans la partie antérieure de la 3ème phalange.

Dès que ces deux conditions sont satisfaites, le reste de la ferrure peut être abrasé pour obtenir la forme du sabot. Une ponceuse à bande avec une bande abrasive grossière y est appropriée. Si on appuie trop la ferrure à la bande abrasive ou si la vitesse de la ponceuse est trop élevée (p.ex. les disqueuses portables), la matière plastique peut surchauffer et la bande abrasive est endommagée.

Il faut qu'il reste une distance de 5mm au minimum partout entre la planche antérieure et la sole du sabot. Si cela n'est pas le cas avec la ferrure brute (p.ex. si la sole est très plate), on peut abraser la partie plastique de la planche – jusqu'au noyau métallique si nécessaire. Le bord antérieur de la planche peut également être abrasé jusqu'au noyau métallique. Il est important qu'il ne reste pas d'arêtes vives ou de débords ponctuels. La planche doit quasiment se blottir contre la sole.

On raccourcit, si nécessaire, la planche derrière de la ferrure jusqu'à ce qu'il en reste environ 5mm derrière les talons. La forme ronde y doit être maintenue. La partie inférieure de la ferrure obtient un biseau le long des talons qui commence juste devant les talons. Si on néglige cette phase, le cheval pose son talon fortement en premier ce qui a pour conséquence des chocs augmentés lors du poser du sabot au sol.

On abrase les rives de la ferrure d'une telle façon qu'il reste un débord latéral d'un mm environ le long de la pince et des mamelles, de 2mm au minimum au long des quartiers et d'une largeur  normale autour des talons (p.ex. en suivant la ligne du bourrelet).

Maintenant, l'arête vive de la partie supérieure de la ferrure peut être légèrement biseauté. On biseaute plus fort dans la région des talons si nécessaire ; il doit cependant rester une surface plaine de 2mm au minimum à l'extérieur de la paroi.

À partir du premier trou, la partie de la ferrure qui est située sous la pince et les mamelles doit être légèrement biseautée au côté de la sole pour éviter une pression sur la sole devant le premier clou.

Choix du bon matériau amortisseur
En général, un matériau amortisseur malléable est idéal pour les ferrures de fourbure. Contrairement aux matériaux liquides, il permet une pression légère et définie sur la sole en soulageant les parois autant que possible.

Le montage de la ferrure et la finition
Après la préparation du sabot et de la ferrure, on mesure d'abord la bonne quantité du matériau amortisseur en enfonçant le matériau – qui n'est d'ailleurs pas encore mélangé avec le durcisseur ! – dans la voûte de la sole des talons jusqu'au bord de la planche antérieure. Le matériau peut dépasser un peu la paroi.

Puis, on malaxe l'amortisseur avec la bonne quantité du durcisseur (voir les instructions du producteur!) et l'enfonce de nouveau dans la sole. La ferrure est placée correctement sur le sabot et on la fixe d'abord légèrement avec deux clous dans la région des mamelles.

Quand le pied est posé pour contrôler la bonne position de la ferrure, le durcissement de l'amortisseur devrait être imminent. Au cas idéal, un débord minimal (moins de 0.5mm) reste entre la paroi et la ferrure. Cela permet une pression légère, permanente et plane sur les parties rembourrées du sabot en même temps d'une décharge presque complète de pression de la paroi. Dépendant de l'intensité de l'atteinte du sabot (= sensibilité augmentée ou irritation de la sole), il peut être nécessaire d'abandonner ce débord pour le moment.

Après le contrôle de la ferrure, on applique les clous restants. Normalement, 4 à 6 clous par sabot sont suffisants pour une tenue fiable de cette ferrure de convalescence. On positionne les clous assez haut dans la paroi dans la corne solide et on les rivette correctement, car si la ferrure est perdue, il est préférable que les rivets s'ouvrent et toute la ferrure tombe du sabot sans conséquences importantes. Si les rivets étaient placés dans la partie inférieure de la paroi qui est souvent grièvement endommagée au cas d'une fourbure, ils détacheraient cette partie de la paroi au cas d'une perte de la ferrure.

Si on applique des fers en œuf avec amortissement, il est quasiment insignifiant si on ne positionne les clous que jusqu'au point le plus large du sabot ou bien aussi derrière ce point. De toute façon, il n'y a presque pas de mécanique latérale du sabot avec ce type de fer et les clous derrière le point le plus large ne peuvent, en conséquence, plus la restreindre. Cependant, l'expérience a montré que la croissance du sabot n'en est pas grandement réduite.

Après le rivetage correct de la ferrure, on pare la pince débordante d'une telle manière qu'elle  touche le sol le moins possible lors du départ du sabot. Cependant, il faut viser une forme homogène de la paroi sans modification abrupte du radius.

Quand la ferrure est finalement contrôlée, le cheval doit marcher aussi bien ou mieux qu'avant le ferrage. Si cela n'est pas le cas, il faut absolument réexaminer s'il y a trop de pression exercée sur une partie de la sole ou toute la sole. Si oui, il faut réduire l'épaisseur de l'amortisseur et peut-être additionnellement abraser la planche antérieure.

 

Sabot fourbu avec rotation

 

Sabot fourbu avec bascule


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